26/07/2013

Les auteurs de l’ouvrage sur la Villa St Christophe reçoivent le Prix « Zakhor pour la Mémoire »

villa st christophe

L’association Zakhor a décidé de créer le Prix « Zakhor pour la Mémoire » qui est remis annuellement par le bureau exécutif national de l’organisation. Ce prix a pour but de récompenser soit un engagement pour une action qui perpétue le devoir de mémoire, soit un travail ou une œuvre conséquente ayant fait l'objet d'une réflexion significative sur les thèmes de la mémoire de la shoah, de la tolérance, de l’humanisme, ou de la lutte contre toutes les formes d’exclusions. 

Sur proposition du bureau exécutif national de l'association et du président national, Philippe Benguigui, Simonne Chiroleu-Escudier, Mireille Chiroleu et Eric Escudier, auteurs de "La Villa Saint-Christophe, maison de convalescence pour les enfants des camps d'internement - 1941-1943 à Canet-Plage" (voir notes du 10 et 29/042013) se voient attribuer le "Prix Histoire Mémoire et Éducation en Pays Catalan 2013".

Ce prix leur est décerné pour leur engagement au nom du devoir de Mémoire et d'Histoire et pour leur travail de recherches concernant cet ouvrage.

Cette distinction leur sera remise à Perpignan, au cours d’une cérémonie solennelle organisée à l'occasion de la Remise Nationale de différents Prix Zakhor, à laquelle assisteront des personnalités régionales, nationales et mêmes internationales.

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29/04/2013

Une « Juste », Lois Gunden, directrice de la Villa Saint-Christophe à Canet, de 1941 à 1943

Une distinction des plus importantes vient d’être décernée à Lois Gunden, cette courageuse américaine qui fut directrice de la maison de convalescence pour les enfants des camps villa st christophe,lois gundend’internements, située sur le front de mer de Canet. Grâce aux recherches des auteurs du livre « La Villa Saint Christophe », (voir note du 10/04) le titre de « Juste parmi les Nations », distinction la plus haute décernée par l’état d’Israël à titre civil aux non-juifs honore et salue l’engagement exceptionnel de cette femme. 

Au péril de sa vie, elle a aidé, pendant la seconde guerre mondiale, des petits juifs à un moment où ils en avaient le plus besoin.

L’hommage rendu aux « Justes parmi les Nations » revêt une importance toute particulière. D’une part, les Justes prouvent que, même dans les situations d’intense pression physique et psychologique, la Résistance à l’oppression nazie a été possible et que l’on peut s’opposer au mal dans un cadre collectif ou à titre individuel. Et d’autre part, la reconnaissance envers ceux dont la conduite a été exemplaire, est un devoir. 

L’ouvrage très documenté « La Villa Saint Christophe, maison de convalescence pour les enfants des camps d’internement à Canet-Plage » est en vente en librairie.

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10/04/2013

La merveilleuse histoire de la maison oubliée, la Villa Saint Christophe

Un jour de janvier 2009, arrive sur le bureau d’Arlette Franco, alors Députée Maire de Canet, une lettre expédiée par un professeur d’histoire de l’Université de l’État de l’Illinois aux États-Unis. Cet éminent universitaire s’intéresse à la « Villa Saint-Christophe », maison de convalescence qui accueilli, durant la dernière guerre, des enfants espagnols et juifs sortis des camps d’internement, dont notamment celui de Rivesaltes. villa st christophe,chiorleu,escudier,ménnonites,quakers

Deux sœurs, Simonne Chiroleu-Escudier et Mireille Chiroleu, bien connues de notre ville, passionnées de recherches historiques et très attachées à l’histoire de Canet-Plage, aidées d’Eric Escudier, ont assuré la coordination avec les Etats Unis et la traduction d’un grand nombre de documents, afin que l’histoire émouvante de la « Villa Saint-Christophe » soit aujourd’hui connue du plus grand nombre. 

Cette histoire se déroule d’avril 1941 à février 1943, mais il n’a pas été possible, hélas, de retrouver dans la mémoire des anciens de la commune, le moindre souvenir de cette maison de convalescence, l’édifice ayant lui même disparu, sacrifié à la gloutonnerie du marché immobilier, et remplacé aujourd’hui par la résidence le Beaulieu. 

Pourtant, pendant 22 mois, sous le régime de Vichy et alors que des réfugiés espagnols et juifs de toutes nationalités se trouvaient dans des camps d’internement, une action de sauvetage exceptionnelle était menée par une poignée de travailleurs humanitaires de confession Mennonites. Venus de Suisse, et des États Unis, aidés par des réfugiés espagnols et français ils ont travaillé en symbiose avec les Quakers, autre communauté religieuse, dans cette villa bourgeoise du front de mer. Plus de 200 enfants, âgés de 3 à 15 ans, ont été sortis des camps, nourris, instruits, durant des séjours allant de 15 jours à plusieurs mois. A partir de 1942, des petits juifs ont été cachés et sauvés de la déportation. 

Ce sont des recherches en direction des Etats Unis qui ont permis de retrouver le cheminement et l’action extraordinaire de ces travailleurs humanitaires Mennonites et Quakers et d’avoir accès à des documents extrêmement précieux, photos prises à Canet, listes d’enfants hébergés, description de la vie difficile qu’ont vécue les acteurs de ce drame qu’à été l’internement des enfants durant cette terrible période. (voir note du 29/04)

Vient de sortir aux éditions « Alliance» un ouvrage très documenté et abondamment illustré, consacré à ce devoir de mémoire et retraçant l’histoire de cette maison qui, au cœur de la station, a sauvé des centaines d’enfants de la barbarie nazie. 

(Photos : collections privées Mireille Chiroleu – Simonne Escudier - Mennonite Church USA Archives) 

« La Villa St Christophe, maison de convalescence pour enfants des camps d’internement »

Alliance Editions à St Estéve– Prix de l’ouvrage : 25 €

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Les Mennonites

Les Mennonites forment un groupe religieux et culturel fondé au XVIe siècle pendant la Réforme protestante, au moment où quelques chrétiens se séparent de l’Église romaine. Son fondateur est un prêtre hollandais, Menno Simons (1492-1559). Ils furent parmi les premiers à adopter le principe de séparation de l'Église et de l'État et à avoir condamné l'esclavage. L'ordination des anabaptistes (qui veut dire « rebaptisés ») et des Mennonites diffère de celle des catholiques en ce sens que, pour eux, le baptême est un choix fait par le fidèle à l'âge adulte, et non lorsqu'il est enfant, et que la communion inclut parfois le lavement des pieds comme symbole d'humilité et de service. Les membres de cette communauté protestante refusent également le recours à la violence. . . Les Mennonites sont très discrets, sobres et travailleurs. Ils veulent vivre hors du monde, mais le bien est leur mission, l'hospitalité une obligation quasi divine. À mesure de leur croissance économique, une partie de ces communautés s'accommode de quelques progrès, de l'électricité à l'essence, notamment pour les travaux les plus durs.

En butte aux persécutions, les Mennonites se sont répandus en Europe puis aux États-Unis. Ils sont aujourd'hui plus d’un million trois cent mille répartis sur les 5 continents, dont 2400 environ en France dans une trentaine d'Églises locales.

Durant la dernière guerre, le Secours Mennonite Américain fut présent en France et notamment à Canet. Il s’employa par divers moyens à aider les enfants, en collaboration avec les autres œuvres religieuses chrétiennes et juives.

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Les Quakers

La Société Religieuse des Amis est un mouvement religieux fondé en Angleterre au XVIIe siècle par des dissidents de l'Église anglicane. Les membres de ce mouvement sont communément connus sous le nom de « Quakers » mais ils se nomment entre eux « Amis » et « Amies ». Les historiens s'accordent à désigner George Fox comme le principal fondateur ou le plus important meneur des débuts du mouvement.

Cette religion se caractérise par le rejet du dogmatisme, de toute hiérarchie religieuse et de cérémonies rituelles. On n’y trouve ni autel, ni estrade, ni musique, ni prêtres, ni pasteurs, ni président. Chacun peut alors s'exprimer comme il l'entend. Si la Bible est vénérée, il n'y a nul besoin d'un prêtre pour parler à Dieu. Les sacrements sont honnis et le mariage est très simple. Alors qu'à l'origine, les Quakers étaient Chrétiens, il arrive aujourd'hui que d'aucuns se prétendent complètement agnostiques, voire athées. En fait, l'apanage des Chrétiens n'est plus de mise car chez les Quakers, l'important est la communion spirituelle sans dogme. Cette « église » peut ainsi réunir des Catholiques, des Protestants, des Orthodoxes, des Juifs, des Musulmans ou des Bouddhistes.

Le mouvement Quaker étant très minoritaire, bien peu de personnes en ont entendu parler. Le livre « La Case de l'oncle Tom », dès 1853, a pu contribuer à faire connaître les familles Quakers dans le monde francophone. Les Quakers sont cependant surtout connus par leurs actions.

L'aide matérielle qu'ils ont apportée aux victimes des deux dernières guerres mondiales a beaucoup fait pour leur réputation.

En Allemagne, ce sont des millions de personnes qui ont reçu l'aide alimentaire organisée après les deux guerres mondiales et nombreux sont ceux qui se souviennent de la « ration Quaker ». Cependant la grande majorité des bénéficiaires n’avait aucune idée du mouvement à l'origine de cette aide.

Au cours des années 1941 et 1942, les Quakers choisirent des enfants juifs parmi ceux qui se trouvaient dans des foyers et des camps de réfugiés du sud de la France pour les transférer aux États-Unis sous les auspices du Comité américain de protection des enfants européens.

L'action des Quakers durant la Seconde Guerre Mondiale leur valut le Prix Nobel de la paix en 1947.

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