28/04/2013

L’Indépendant, un journal ancré dans l’histoire de notre département qui oscille entre lumières et ombres

Les « Amis du vieux Canet » ont invité recemment Gérard Bonet, journaliste et éditeur, pour faire vivre aux canétois, les belles heures de leur journal local.

Il y a 167 ans, naissait le doyen de la presse quotidienne française d’information générale, l’Indépendant. Indomptable opposant à la monarchie de juillet, il disparait en 1848, et renait vingt ans plus tard à la fin de l’Empire. Républicain d’opposition puis de gouvernement jusqu’à la fin du XIXe, il est dirigé alors par les familles Brousse et Escarguel et règne sur tout le département des Pyrénées Orientales.l'Indépendant, gérard bonnet

Après juillet 1940, il soutient la politique de collaboration du Maréchal Pétain. Il est alors, interdit de parution le 20 août 1944, et c’est grâce à la longue bataille juridique et politique menée par ses dirigeants qu’il pourra reparaitre dès le 18 avril 1950. Élargi à l’Aude depuis 1934, l’Indépendant, dès les années 60, devient roi dans ces deux départements.

Mais hélas, le règne des familles Brousse et Chichet prend fin dès les années 1980 et la crise de la presse, au tournant des années 2000, précipite la recomposition du paysage médiatique national ainsi que de l’Indépendant.

À l’issu de la conférence, Gérard Bonet a dédicacé son dernier livre « l’Indépendant des Pyrénées Orientales » autour du verre de l’amitié.

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21/04/2013

Annie Diamant Berger, une canétoise comblée par l’écriture

« Chère Madame, nous avons le plaisir de vous annoncer que le Conseil des Récompenses s’est réuni, le 18 Mars 2013, et qu’il vous a attribué la Médaille d’Or d’Arts et Lettres de France, Promotion 2013. »

Voilà ce que vient de recevoir une résidente de Canet, Annie Diamant Berger. Inutile de dire qu’Annie, membre de la société des gens de lettres de France à Paris, est une romancière comblée. Celle-ci vit à Canet Sud depuis 2006, avec son époux et sa chienne Helliotte, âgée de 9 mois. Après tant d’années d’efforts aujourd’hui récompensées, Annie ne cache pas sa joie de recevoir un tel courrier et ceci est compréhensible.

Cette médaille d’or fait suite à une précédente médaille d’argent et deux de vermeil, ainsi qu’à de nombreux prix littéraires. Elle récompense six romans, nouvelles poésies et témoignages.annie diamand berger

Née à Paris, mais revendiquant ses racines espagnoles, l’écrivaine connait le Roussillon depuis les années 70. Après des études universitaires, elle intègre le club d’écrivains de la région parisienne qui l’encourage à faire de la littérature son métier. Ce qu’elle fit avec succès. Éclectique, elle a aussi pratiqué le parachutisme ascensionnel, le jet ski et a été pilote de rallyes automobiles…..C’est un casse-cou, mais c’est aussi une romancière d’exception qui ne laisse pas les personnes qu’elle côtoie indifférentes. Elle n’hésite pas, parfois, à tout quitter pour s’évader à la découverte de nouvelles contrées d’où elle ramène le contenu de ses romans. « Voyager, dit-elle, et établir un contact avec des gens aux coutumes très différentes des nôtres, cela enrichit notre âme et notre cœur. »

C’est au cours du Congrès International des Arts et lettres de France, qui se déroulera le 1er juin à Aubagne, dans les Bouches du Rhône, que Canet sera mis à l’honneur. Ce jour-là, notre canétoise d’adoption se verra remettre cette belle médaille, récompensant des années d’écriture.

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10/04/2013

La merveilleuse histoire de la maison oubliée, la Villa Saint Christophe

Un jour de janvier 2009, arrive sur le bureau d’Arlette Franco, alors Députée Maire de Canet, une lettre expédiée par un professeur d’histoire de l’Université de l’État de l’Illinois aux États-Unis. Cet éminent universitaire s’intéresse à la « Villa Saint-Christophe », maison de convalescence qui accueilli, durant la dernière guerre, des enfants espagnols et juifs sortis des camps d’internement, dont notamment celui de Rivesaltes. villa st christophe,chiorleu,escudier,ménnonites,quakers

Deux sœurs, Simonne Chiroleu-Escudier et Mireille Chiroleu, bien connues de notre ville, passionnées de recherches historiques et très attachées à l’histoire de Canet-Plage, aidées d’Eric Escudier, ont assuré la coordination avec les Etats Unis et la traduction d’un grand nombre de documents, afin que l’histoire émouvante de la « Villa Saint-Christophe » soit aujourd’hui connue du plus grand nombre. 

Cette histoire se déroule d’avril 1941 à février 1943, mais il n’a pas été possible, hélas, de retrouver dans la mémoire des anciens de la commune, le moindre souvenir de cette maison de convalescence, l’édifice ayant lui même disparu, sacrifié à la gloutonnerie du marché immobilier, et remplacé aujourd’hui par la résidence le Beaulieu. 

Pourtant, pendant 22 mois, sous le régime de Vichy et alors que des réfugiés espagnols et juifs de toutes nationalités se trouvaient dans des camps d’internement, une action de sauvetage exceptionnelle était menée par une poignée de travailleurs humanitaires de confession Mennonites. Venus de Suisse, et des États Unis, aidés par des réfugiés espagnols et français ils ont travaillé en symbiose avec les Quakers, autre communauté religieuse, dans cette villa bourgeoise du front de mer. Plus de 200 enfants, âgés de 3 à 15 ans, ont été sortis des camps, nourris, instruits, durant des séjours allant de 15 jours à plusieurs mois. A partir de 1942, des petits juifs ont été cachés et sauvés de la déportation. 

Ce sont des recherches en direction des Etats Unis qui ont permis de retrouver le cheminement et l’action extraordinaire de ces travailleurs humanitaires Mennonites et Quakers et d’avoir accès à des documents extrêmement précieux, photos prises à Canet, listes d’enfants hébergés, description de la vie difficile qu’ont vécue les acteurs de ce drame qu’à été l’internement des enfants durant cette terrible période. (voir note du 29/04)

Vient de sortir aux éditions « Alliance» un ouvrage très documenté et abondamment illustré, consacré à ce devoir de mémoire et retraçant l’histoire de cette maison qui, au cœur de la station, a sauvé des centaines d’enfants de la barbarie nazie. 

(Photos : collections privées Mireille Chiroleu – Simonne Escudier - Mennonite Church USA Archives) 

« La Villa St Christophe, maison de convalescence pour enfants des camps d’internement »

Alliance Editions à St Estéve– Prix de l’ouvrage : 25 €

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Les Mennonites

Les Mennonites forment un groupe religieux et culturel fondé au XVIe siècle pendant la Réforme protestante, au moment où quelques chrétiens se séparent de l’Église romaine. Son fondateur est un prêtre hollandais, Menno Simons (1492-1559). Ils furent parmi les premiers à adopter le principe de séparation de l'Église et de l'État et à avoir condamné l'esclavage. L'ordination des anabaptistes (qui veut dire « rebaptisés ») et des Mennonites diffère de celle des catholiques en ce sens que, pour eux, le baptême est un choix fait par le fidèle à l'âge adulte, et non lorsqu'il est enfant, et que la communion inclut parfois le lavement des pieds comme symbole d'humilité et de service. Les membres de cette communauté protestante refusent également le recours à la violence. . . Les Mennonites sont très discrets, sobres et travailleurs. Ils veulent vivre hors du monde, mais le bien est leur mission, l'hospitalité une obligation quasi divine. À mesure de leur croissance économique, une partie de ces communautés s'accommode de quelques progrès, de l'électricité à l'essence, notamment pour les travaux les plus durs.

En butte aux persécutions, les Mennonites se sont répandus en Europe puis aux États-Unis. Ils sont aujourd'hui plus d’un million trois cent mille répartis sur les 5 continents, dont 2400 environ en France dans une trentaine d'Églises locales.

Durant la dernière guerre, le Secours Mennonite Américain fut présent en France et notamment à Canet. Il s’employa par divers moyens à aider les enfants, en collaboration avec les autres œuvres religieuses chrétiennes et juives.

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Les Quakers

La Société Religieuse des Amis est un mouvement religieux fondé en Angleterre au XVIIe siècle par des dissidents de l'Église anglicane. Les membres de ce mouvement sont communément connus sous le nom de « Quakers » mais ils se nomment entre eux « Amis » et « Amies ». Les historiens s'accordent à désigner George Fox comme le principal fondateur ou le plus important meneur des débuts du mouvement.

Cette religion se caractérise par le rejet du dogmatisme, de toute hiérarchie religieuse et de cérémonies rituelles. On n’y trouve ni autel, ni estrade, ni musique, ni prêtres, ni pasteurs, ni président. Chacun peut alors s'exprimer comme il l'entend. Si la Bible est vénérée, il n'y a nul besoin d'un prêtre pour parler à Dieu. Les sacrements sont honnis et le mariage est très simple. Alors qu'à l'origine, les Quakers étaient Chrétiens, il arrive aujourd'hui que d'aucuns se prétendent complètement agnostiques, voire athées. En fait, l'apanage des Chrétiens n'est plus de mise car chez les Quakers, l'important est la communion spirituelle sans dogme. Cette « église » peut ainsi réunir des Catholiques, des Protestants, des Orthodoxes, des Juifs, des Musulmans ou des Bouddhistes.

Le mouvement Quaker étant très minoritaire, bien peu de personnes en ont entendu parler. Le livre « La Case de l'oncle Tom », dès 1853, a pu contribuer à faire connaître les familles Quakers dans le monde francophone. Les Quakers sont cependant surtout connus par leurs actions.

L'aide matérielle qu'ils ont apportée aux victimes des deux dernières guerres mondiales a beaucoup fait pour leur réputation.

En Allemagne, ce sont des millions de personnes qui ont reçu l'aide alimentaire organisée après les deux guerres mondiales et nombreux sont ceux qui se souviennent de la « ration Quaker ». Cependant la grande majorité des bénéficiaires n’avait aucune idée du mouvement à l'origine de cette aide.

Au cours des années 1941 et 1942, les Quakers choisirent des enfants juifs parmi ceux qui se trouvaient dans des foyers et des camps de réfugiés du sud de la France pour les transférer aux États-Unis sous les auspices du Comité américain de protection des enfants européens.

L'action des Quakers durant la Seconde Guerre Mondiale leur valut le Prix Nobel de la paix en 1947.

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23/01/2013

Une belle conférence sur Hyacinthe Rigaud, peintre des rois

Considérée comme une personnalité marquante de la littérature catalane d’aujourd’hui, Renada Laura Portet était dernièrement l’invitée, au Théâtre Jean Piat, des "Amis du Vieux Canet" pour une conférence sur Hyacinthe Rigaud, né catalan, sujet du roi et mort français à Paris (1659-1743). 

Devant un auditoire très attentif, avec érudition et une bonne pincée d’humour, l’écrivaine a évoqué la carrière du "peintre des rois" à qui elle a consacré une biographie* de référence sous bien des aspects : premier Catalan à s’illustrer à Paris, Rigaud a construit sa vie et l’a réussie, léguant à la postérité une œuvre esthétique et historique incomparable.

rigaud,renada laura portet,avcGrâce à son talent tôt reconnu, ce fils d'une famille aisée de Perpignan s’est imposé comme le portraitiste attitré de la cour du Roi Soleil. De Montpellier et Lyon où il fit son apprentissage jusqu’à son arrivée à Paris en 1681, son parcours initial fut celui d’un artiste doué tout autant qu’ambitieux. Lauréat du prix de Rome, il refuse de faire le voyage en Italie.

C’est à Versailles que doit s’accomplir son destin. Il y entre en 1688, pour peindre Monsieur, frère du roi, qui donnera un coup de pouce décisif à sa carrière. Dès lors, il côtoie et fixe sur la toile les aristocrates, grands bourgeois, royales maîtresses et personnages célèbres tels Racine, La Fontaine, qui devient son ami, Corneille qui déclare ne pas vouloir mourir sans avoir posé pour lui, Madame de Sévigné, la Princesse Palatine…

Son étoile brillera encore à l’aube du siècle des Lumières sous Louis XV.

Hyacinthe Rigaud a peint une galerie de portraits riche de quelque deux mille tableaux, dont certains moins complaisants qu’il y paraît si on les examine de près, sous le regard expert de la conférencière. Et, selon elle, l’un des chefs-d’œuvre de Rigaud reste peut-être le double portrait de sa mère, Maria Serra, qu’il accueillit chez lui à Paris, place des Vosges, pour l’en faire témoin de sa prospérité. Toujours vêtue à la mode de son pays, ne parlant pas français, Maria ne tarda pas à regretter son Perpignan natal qu’elle regagna bientôt.

Une anecdote parmi d’autres, au fil d’une conférence émaillée de citations et expressions en catalan fort appréciées du public. 

*Rigaud, un peintre catalan à la cour du Roi Soleil chez Balzac éditeur.

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22/01/2013

Hélène Legrais a choisi Canet pour nous parler de son dernier livre « Les ailes de La Tramontane »

Malgré une tramontane glaciale, la salle de l’Écoute du Port était comble pour accueillir Hélène Legrais invitée par Sophie Lamur, présidente de l’association « Lectures et Rencontres ».

Nombreux sont ceux qui connaissent la journaliste et romancière Hélène Legrais mais c’est toujours avec le même plaisir que nous la retrouvons pour nous parler de ses romans dans lesquels elle met à chaque fois en lumière un pan oublié de l’histoire du pays catalan.

Hélène est née dans le vieux quartier Saint Jacques de Perpignan, d’un père breton et d’une mère catalane. Son goût pour l’écriture, la lecture et le théâtre lui font embrasser la carrière de journaliste. Major de l’École Supérieure de Journalisme de Lille, elle intègre France Inter, puis la rédaction d’Europe 1.hélène legrais

Il y a quelques années, elle décide de revenir «  au pays » et de se consacrer à l’écriture. Ces retrouvailles lui inspirent des romans. En 1996 parait le premier « La Demoiselle d’Aguilar », suivi de « La Chamade aux yeux bleus ». Le succès est immédiat et depuis elle publie un roman par an avec pour toile de fond l’histoire du pays catalan : La première grève de femmes en France, en 1906, à Cerbère, la maternité suisse d’Elne, la saga de Job et son papier à cigarettes, le premier four solaire au-dessus de Sorède, les rugbymen de l’ASP(ancêtre de l’USAP)….et bien d’autres encore.

Cette fois, le thème de son dernier livre « Les ailes de la Tramontane » s’intéresse au séjour de Mermoz et de Saint Exupéry en Salanque venus pour mettre au point les hydravions de l’Aéropostale sur l’étang de Saint-Laurent.

On peut, également, l’écouter régulièrement sur France Bleu Roussillon mais il est tellement plus agréable de la rencontrer et de la lire pour partager son enthousiasme communicatif.

Cette très agréable réunion entre amis, s’est terminée par la dédicace de son livre et le partage d’une galette des rois appréciée de tous.

20:27 Publié dans Culture, Livre, Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : hélène legrais | |  Facebook | | |  Imprimer | |